C’EST QUOI ECRIRE ?

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Photo by Manuel Keusch on Pexels.com

C’est quand les mots vous échappent…

Que vous n’êtes plus vraiment maître du jeu…

Quand vous avez l’impression que les personnages nés de votre imagination ont pris leur liberté et que parfois ils vous désobéissent… quand les mots et les maux s’alignent dans l’ordre qui leur sied, seuls, comme si tout était déjà ECRIT et qu’ils reprenaient juste leurs places respectives… et qu’on n’a pas même pas besoin d’effort pour ça……

C’est cela l’ECRITURE.

C’est un remède, un « pirigeoir » (lol), une prison… Un exercice de liberté ! Un sortilège… De la folie !

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Dans la bibliothèque de … Grâce Minlibé

« J’AI TELLEMENT DE LIVRES À RECOMMANDER… »

Grâce Minlibé est l’auteure du recueil de poèmes Chimères de verre (Edilivre, 2014) et du roman Tristesse au paradis (Vallesse, 2017) qui a reçu le PRIX SILA de l’édition 2018 et la mention spéciale du Prix National Bernard Dadié du jeune écrivain 2018. Désirant partager sa passion pour la lecture et  l’écriture, elle crée en mai 2015 un blog éponyme. Elle est également passionnée de gestion des risques et exerce dans ce domaine à Abidjan. Faisons une incursion dans sa bibliothèque.

Grace

COMMENT FAITES-VOUS LE CHOIX DE VOS LIVRES ?

Mes choix sont souvent guidés par les avis positifs de lecteurs sur un livre, les émissions littéraires. Dans une librairie, je fais le choix de mes livres en fonction de la 4eme de couverture.

QUE PEUT-ON TROUVER DANS VOTRE BIBLIOTHÈQUE !

Dans ma bibliothèque tant numérique que papier on trouve plusieurs genres : du roman contemporain, du thriller, de la romance, de la poésie, des nouvelles. Depuis peu, la science-fiction et la fantasy.

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QUELS SONT LES LIVRES QUE VOUS NOUS RECOMMANDERIEZ ET POURQUOI ?

Question dont la réponse pourrait faire des pages. J’en donne 3, 5 ou 20 ? Je m’en tiens à mes récentes lectures, celles qui me viennent instantanément en tête ou je cite une lecture par continent ?

LAGOS LADY de Leye Adenle : mon énorme coup de cœur en 2016. C’est un polar au rythme effréné. Je ne fais pas de sport mais j’ai été servie avec ce livre, il m’a fait courir à vive allure dans Lagos. J’ai aimé sa violence, j’ai aimé les moments de douceur et les notes d’amour entre les personnages principaux. Leye Adenle est un auteur à suivre.

VERRE CASSÉ d’Alain Mabanckou : mon livre bonne humeur. Je ne peux pas compter les éclats de rire que j’ai eus durant ma lecture.  Lire Alain Mabanckou c’est comme prendre une douche bien froide en pleine canicule. Son style est rafraîchissant et captivant. Les personnages sont si grotesques, si sublimes !

NO HOME de Yaa Gyasi si vous aimez les sagas familiales. Un beau voyage entre le Ghana et les USA.

LE GRAND MASQUE A MENTI d’Attita Hino : un livre qui met en valeur nos traditions, le suspense est également au rendez-vous. Vous l’aurez compris, je n’aime pas les histoires linéaires. J’ai acheté la suite au SILA 2018 et j’ai hâte de le lire.

REBECCA de Daphne du Maurier : Un classique,  livre avec du suspense qui monte crescendo.

J’ai tellement de livres à recommander…

 

Rien ne dure #LesMotsQueJaime

– Rien ne dure, c’est ça que tu cherches à me dire ?
– Oui, tout s’anéantit, tout passe et tout casse. Seul compte l’instant.
– Non, il y a des choses qui résistent, il y a des choses qui durent.
– Comme quoi ?
– L’amour ?
– L’amour ! Il n’y a rien de plus fragile ni de plus éphémère. L’amour c’est comme un feu un jour de pluie : tu dois tout le temps le protéger, l’alimenter et en prendre soin, sinon il s’éteint…
– Il y a des amours qui durent.
– Non, ce qui dure, c’est la douleur qui reste après l’amour.
– Je n’aime pas ce que tu dis.
– Si tu as peur d’entendre certaines réponses, il vaut mieux ne pas poser certaines questions.
#Musso « Que serais-je sans toi »pots
#RageDeLire

De la Poétesse Natagaari à moi !

J’ai fait mon après-lecture de « Corps et âme ». Un peu maladroit, mais tout de même un après-lecture 😃

Ce livre s’intitule : corps et âme. Il aurait pu tout aussi bien s’appeler : parts
d’êtres épars ! Ou lambeaux de vies, que sais-je ! Tellement les âmes de ses « acteurs » sont agitées, leurs destinées, singulièrement tragiques !
Un détail m’a frappée en lisant les deux premières nouvelles : le choix dantesque que les personnages principaux font pour résoudre leurs problèmes quasi continuels : le départ précipité ! Elles préfèrent dire oui aux avances de ce vil ami qu’est le spectre éhonté du suicide.
D’ailleurs la mort est très présente dans ces histoires : meurtres… suicides… c’est comme si ces êtres avaient été conçus dans le giron infernal de quelque grande calamiteuse ; ils sont si tourmentés en eux-mêmes, que je les eusse affirmés issus de l’amour entre la mort et l’Érèbe. ayant pour génitrice la faucheuse, ces êtres étranges se voient maintenant rappelés par elle, enserrés par les liens ténébreux de sa funèbre affection.
Ces frères de mort ont deux dénominateurs communs :
– Ils fument et c’est bien dommage. Car à chaque jour suffit sa peine !
– Derrière leur apparence de meurtriers, de suicidaires, ce sont des êtres qui crient au secours. Des êtres qui ont besoin d’aide… des êtres qui ont besoin d’être.
Une histoire m’a embué les yeux de larmes : c’est celle de ce garçon loin d’être mauvais, mais qu’on a contraint à porter le fardeau de sa propre naissance !
« Je n’ai pas la prétention de vouloir changer le monde, de le remodeler selon mes idées. Je voudrais seulement vivre ma vie, sans qu’on ait à me condamner, du moment que je ne fais de mal à personne. »
Ces phrases m’ont émues. Elle résumaient sans l’occulter, toute sa souffrance. Et à travers ses lèvres, des millions de personnes se sont exprimées. Des personnes qui n’ont rien fait de mal, et qui aspirent au plus fondamental de leur droit : être libres. Pas d’une liberté hypocrite, aux contours injustement étriqués par la société.
Certains récits ont aussi une fin troublante. J’en suis arrivée à m’écrier en silence : mais… et la suite ?
Bref par ce recueil dont j’ai apprécié la lecture, je me suis posé bien des questions existentielles… j’ai médité sur bien des choses étonnantes… Pour en arriver à la conclusion que…
1- je n’aurais pas dû manger une tartine beurrée en le lisant car l’intérieur de ma première de couverture en a été tâchée !
2- Mais aussi, que la vie n’est pas toujours cadeau ; elle est pour certains, fardeau. À ce moment là, c’est peut-être nous qui avons failli à notre rôle de maillon de chaine, et dont l’un des devoirs est de soutenir l’autre, consoler l’orphelin, protéger le vulnérable.

corps et âme

Lu et approuvé… ou pas !

via Lu et approuvé… ou pas !

POURQUOI LIT ON DES ROMANS ?
L’art du romancier consiste à voir le monde ; l’art du lecteur revient à emprunter les yeux d’un autre, le narrateur. À cet égard, le roman permet de se retrouver tour à tour dans la peau d’un détective, d’une amoureuse, d’un dictateur ou d’un orphelin. La fiction nous procurerait, en quelque sorte, des vies par procuration. En ce sens, elle agit comme un multiplicateur d’expériences, et ce dès l’enfance. Elle nous met ainsi en contact avec la complexité de nos propres vies comme de celles des autres. (…) En quelque sorte, le lecteur expérimente des situations qu’il ne peut pas vivre dans la réalité. Il peut choisir certaines situations, en refuser d’autres, et acquérir les bénéfices de ces expériences sans en encourir les dangers réels.
À cet égard, l’une des dimensions les plus frappantes de la lecture d’un roman consiste dans sa fonction télépathique. En lisant un roman, tout lecteur se surprend à proférer mentalement des idées qui ne sont pas les siennes. Ainsi, avançant dans Les Mémoires d’Hadrien, de Marguerite Yourcenar (1951), je reprends à mon compte le « je » qui s’y exprime. Je me retrouve propulsé dans la tête d’un empereur romain au soir de sa vie. Cette intériorisation de l’autre explique l’intimité exceptionnelle que nous ressentons à l’égard de certains personnages. Nous les sentons vivre, parler, agir « en nous ». Cette expérience si particulière, tantôt dérangeante, tantôt réjouissante, aucun film ne peut la reproduire. On comprend dès lors pourquoi l’adaptation de romans à l’écran s’avère souvent si décevante…
(…) On peut aller plus loin encore, et affirmer que les émotions ressenties, les rêves formulés pendant la lecture ont un impact non seulement sur l’interprétation que nous faisons d’un roman, mais aussi dans notre propre existence. Le lecteur ne conforme pas nécessairement ses actes à ceux des personnages (aimer Sade, ce n’est pas devenir sadique, pas plus qu’étudier Machiavel ne rend machiavélique). Mais il peut transposer dans sa vie des humeurs, émois et formules empruntés au roman favori. La phrase du dandy Oscar Wilde, à propos d’un personnage de Balzac, est restée célèbre : « La mort de Lucien Rubempré est le plus grand drame de ma vie. » Marco Vargas Llosa, un auteur contemporain, confirme à sa manière : « Une poignée de personnages littéraires ont marqué ma vie de façon plus durable qu’une bonne partie des êtres en chair et en os que j’ai connus. »
#LuPourVous

Mon père, mon héros !

des mots

Ce matin, j’embrasse mon fils avant de sortir, et je l’entends dire : « Je t’aime fort ! » …
Et des souvenirs remontent à la surface : cette fois, le petit gars, c’est moi. Je me suis assis en tailleur en face de mon père, en train de réciter des versets du coran… Ou tout simplement de réviser mes leçons. Plus tard, je me revois encore, gonflé de bonheur fier de son sourire et de cette flamme dans son regard quand mon grand frère lui décrypte mon carnet de notes. Puis un peu déçu du commentaire : « C’est bien, mais ce n’est pas suffisant ! » Et puis, bien d’autres souvenirs, tous très beaux… Je le revois me remettre des bandes dessinées qu’il ramenait de la poste (Picsou, Pif, Kouakou, Zambla, Bleck le roc etc.) Et pour moi, c’était les meilleurs cadeaux du monde… Il y a des jours comme ça où je n’arrête pas de penser à lui… de prier pour lui ! Et de regretter cette putain de pudeur bien africaine qui fait qu’on a du mal à dire « Je t’aime, papa ! »
‪#‎Mon_père_mon_héros‬

Ah, comme j’ai hâte d’être ta veuve ! #LesMotsQueJaime

post– Moi aussi, j’aime me morfondre, dit Oona qui tournait son verre entre ses mains. Quand tu partiras à la guerre, je me morfondrai en robe du soir. Je serai ultra-austère, la tête penchée, et tout le monde viendra me consoler. J’aurai le regard perdu dans le vague, un docteur me prescrira du bicarbonate de soude. Ah, comme j’ai hâte d’être ta veuve ! (…) Je ferai un discours bouleversant à ton enterrement. Tu seras décoré à titre posthume. On complimentera mon dévouement. On me serrera la main avec pitié. J’ai hâte de chialer sur ta tombe, Jerry. Ensuite j’épouserai un riche Brésilien et en échange du confort qu’il me fournira, il aura ma jeunesse et l’aura intello d’une fille de Nobel.
– T’es vraiment une sale pute !

Oona et Salinger
#Beigbeder