Lu et approuvé… ou pas !

Et Beigbeder et Oona et Salinger

Le dernier Beigbeder que j’ai lu (et relu dimanche dernier), est intitulé : Oona et Salinger. Un roman, ou pour parler comme lui ; de la faction, un non-fiction novel. Un roman dont les personnages, les lieux et les faits sont réels, et dont tout le ‘’reste’’ (qui fait quand même toute l’histoire) est imaginaire.  Mais, qu’on ne s’y trompe pas, la quatrième de couverture raconte des salades quand elle prétend qu’il s’agit d’une histoire d’amour entre un écrivain débutant nommé Jerry Salinger et d’Oona O’Neil, 15 ans, fille du célèbre dramaturge. On ne peut pas résumer ce chef d’œuvre à une histoire d’amour contrariée. Genre, page 93, quand Jerry et Ooana sont tous les deux bourrés :

Lui : – Je t’aime, Ooana. Ma vie entière est fichue. C’est du suicide de t’aimer !

Et, elle :– Et voilààà ! C’est bien… Te voilà soulagé… écoute-moi bien maintenant. J’accepte ton amour… Je le garde précieusement… Regarde-moi au fond des yeux… Je ne sais pas aimer mais je veux bien me laisser aimer par toi, et uniquement par toi, et je vais te dire pourquoi : parce que tu m’écoutes en prenant cet air captivé quand je dis n’importe quoi.

C’est bien plus qu’une love story à deux balles. C’est un voyage en première classe dans l’Amérique littéraire et pas que ça, des années 40. On peut y croiser dans un bar à la mode, le Stork Club, d’illustres inconnus comme Truman Capote et autre Orson Welles…  On y parle de Fitzerald, Hémingway… De la vie et des rêves de la jeunesse américaine de ces années-là…

Au fil des pages, on se retrouve en pleine guerre mondiale, au milieu de soldats morts de trouille et qui chialent comme des bébés, en appelant leur maman ou Dieu, ce qui revient au même, au secours…

En tout cas, on est presque surpris quand on arrive à ce moment où il n’y a plus de pages à tourner et qu’on se rend compte qu’effectivement, dans cette drôle d’histoire d’amour, les héros ne se marièrent jamais et n’eurent ausun enfant.

Mais quel régal ! Le meilleur Beigbeder que j’ai lu.

Beigbeder justement, parlons un peu de lui !

« L’amour dure 3 ans », « 99 francs », « Windows of the world », « Au secours pardon »,etc. Je dévore tout ce que je trouve de Frederick Beigbeder. Et je n’ai jamais eu d’indigestion. Je m’intéresse non seulement à ses écrits mais à sa vie. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec le mec (ou la gonzesse) qui prétend que « ce n’est pas parce qu’on aime le foie gras qu’il faut s’intéresser à la vie du canard ». Ce canard-là, je veux tout savoir de lui. C’est pour cela que je cours ses interviews et les articles qui lui sont consacrés sur le net.

Je crois que le seul autre écrivain qui me fascine autant que ce salaud de Beigbeder, est la jeune académicienne (Belge et pas Immortelle) qui se nourrit de fruits à moitié pourris et a un rire aussi étrange que son roman Les Catilinaires que je suis en train de relire avec bonheur. Je parle d’Amélie Nothomb. Faut croire que je suis attiré par ce genre de specimen !

Oona et Salinger, Grasset, 2014, 322 pages

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