Abidjan-Accra, 547,9 km en car…

Départ de la gare de Bassam à 7h10, à bord d’un minicar. J’ai une place à l’avant. A côté d’une jeune dame en robe courte couleur orange. Elle a un gros sac sur les jambes. Avec le chauffeur, on est donc trois et on est un peu serré. Le car roule à vive allure, une fois sorti d’Abidjan. Je ne tarde pas à piquer du nez. Ce qui m’arrive rarement en voyage. Mais je n’ai pas beaucoup dormi hier. Je somnole donc, tranquillement.

Je suis bientôt réveillé par le chauffeur qui m’invite à partager …son clacla, le grrrrrrrrrrrrrrr. Bref, je lance un merci et sort un livre de mon sac… MES NUITS SONT PLUS BELLES QUE VOS JOURS. ça m’occupera… Je ne sens pas le temps passer.

11h03. On est à Noé. Tiens, j’oubliais; je suis descendu du car deux fois pour me soulager entretemps. Ce qui agace quelque peu mes compagnons de voyage. Mais passons. On est donc à Noé. Contrôle d’identité, le premier. Un policier me…reconnait: « Votre « tête » me dit quelque chose, vous êtes artiste? » Han!! Je suis tenté de lui dire que oui. Que c’est moi l’auteur de la chanson zomamazo caillouiwé. Mais non, j’avoue (comme on avoue un crime) que je suis l’auteur de deux trucs appelés abusivement livres et qu’il m’est arrivé de passer sur le petit écran… Et cela a l’air de l’impressionner. Je me blo un peu (qui va se négliger ?, comme disent les enfants). Il bavarde deux secondes avec moi et me libère. On remonte dans le car pour redescendre quelques instants plus tard. Terminus. Ensuite, sac au dos je vais à la frontière. Là, contrôle des passeports et carnets de vaccination. Et…2000 francs. C’est le « tarif ». Pourquoi je ne suis même pas surpris ?

Je traverse le no man’s land, à pieds. C’est pendant ce… périple que j’aborde un homme qui marchait comme moi. Pour me renseigner sur le taux de change du CFA au cedi, la monnaie ghanéenne. Chemin faisant, il me conseille de changer mes CFA dans les bureaux de change et non avec ceux qui vont me le proposer dans la rue… Il me prodigue gracieusement d’autres conseils qui me seront très utiles. Et je me retrouve ainsi au Ghana… Sans contrôle. Bref, j’ai passé la frontière, côté ghanéen sans être interpellé ni par la police ni par la douane. J’ai besoin d’explication… Mon compagnon est en fait transitaire et traverse la frontière plusieurs fois par jour… Et comme on était ensemble…

 

Me voilà à l’étranger donc. D’ailleurs ça fait des lustres que je suis à l’étranger , pour dire vrai. Et puis non, Bamako, Niamey, Ouaga… (Je ne parle même pas d’Abidjan hein), c’est un peu chez moi… Mais dans ce pays dont je ne parle pas la langue, je suis vraiment à l’étranger. J’entre dans le premier bureau de change qui se présente. Je dis bonjour, on me répond hello. Et je fais ma petite transaction. Ensuite direction la gare, des cédi dont je n’ai aucune idée de la valeur réelle, en poche. J’y apprends que, moi qui ai déjà mal au dos pour être resté assis pendant trois heures, j’allais devoir me taper 6 heures de route pour atteindre Accra. Je paye mon ticket: 55 cédi. Et prends place dans un minicar à moitié vide. Une dame me lance:  » Monsieur, y a manger hein. Le chemin est long. » Non merci, même si mon seul repas de la journée, un café, date de 6 heures du matin.

L’attente commence à être longue… Toutes les places sont occupées à présent mais le chauffeur s’embrouille avec les bagages à ranger dans le coffre. Il répond à un passager qui se plaint: « Pardon monsieur, laissez seulement. C’est à cause de bagage daddy n’a pas envoyé moi à l’école. Il a dit je n’a qu’a ranger bagage ». 😉 Ça détend un peu l’atmosphère.
12h15. C’est le départ. Enfin. Ambiance hight life à bord. Volume à fond. Le chauffeur roule comme un fou. On se cramponne à nos sièges en priant en silence. Une dame lui demande de se calmer. Il fait « what? », lui qui pourtant parlait français il y a peu, mais ralentit à peine, le salaud.

Premier contrôle de police. Le chauffeur sacrifie un billet et on poursuit notre route. Vingt minutes plus tard, autre contrôle. Tout le monde descend, cette fois. Et se met en rang. Lorsque j’arrive devant le policier, je lui tends mes papiers. Il ne les regarde même pas et fait: « 5 cedi ou 1000 francs! ». Je paye ma « dîme » et remonte dans le car… C’est vers 18h40 qu’on arrive à Accra. La gare me rappelle Adjamé. En moins sale. Ça grouille de monde. La Kaneshie station, est un chaos impressionnant, et quelque peu désorientant.

Accra

Je me sens un peu perdu. C’est fou ce que je me sens analphabète dans ce pays. C’est une telle frustration de parler « anglais » à quelqu’un qui vous regarde comme si vous étiez un demeuré pour finalement vous répondre « I don’t know » ou passer son chemin sans piper mot. C’est vrai qu’avec mon accent très prononcé (mais pas pire que celui de Youssouf Ndour quand il chante seven second, hein), ce n’est pas facile de me comprendre ! Mais je finis par m’en sortir. Ouf. Plus tard, je suis dans les rues d’Accra. Tiens Delestron a choisi de passer ses vacances ici. On m’explique qu’il aime bien le Ghana… C’est vers 23 heures que je me retrouve enfin au lit au Mainland hôtel. Je ne tarde pas à m’endormir.Mort de fatigue.

Je consacre les journées du samedi et dimanche à faire ce pourquoi j’ai fait ce long trajet. Parce que, hé, je ne suis pas venu me balader même si ça fait du bien de pouvoir changer d’air de temps en temps.

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